Jane Eyre – Charlotte Brönte

 Roman d’apprentissage de l’amour

S’il y a un classique  qui m’intriguait autant qu’il me repoussait c’est bien Jane Eyre de Charlotte Brontë (1816 – 1855). La plupart de mes amies poussent un cri de joie lorsque l’on mentionne Jane Eyre. J’ai bien vite compris que ce livre faisait parti des références féminines, le livre que n’importe quel garçon qui veut se la jouer garçon ne voudra surtout pas lire de peur de tomber raide mort d’ennui devant tant de mièvreries. Cet aspect là du roman me faisait un peu peur.
Et puis j’ai découvert Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, la soeur, et j’ai été étonnée par son ambiance oppressante et son originalité. Ce qui a réouvert le dossier Jane Eyre. Peut être que ces cris de joies amicaux sont à prendre au sérieux et que ce livre vaut vraiment le coup. De plus, je compte lire dans un futur proche L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde. Conclusion :au moins lire Jane Eyre avant de lire son affaire.

  Résumé tiré d’Evene

Orpheline, Jane Eyre est recueillie par sa tante, qui la traite durement depuis la mort de son mari, et vit avec ses cousins, qui ne sont pas tendres avec elle. Pour préserver leur tranquillité et pour tenter de corriger les « vices » de l’enfant, la petite est envoyée dans une pension pour jeunes filles pauvres, Lowood, où elle va grandir, étudier mais aussi connaître les misères d’un établissement fonctionnant grâce à la charité. Alors qu’elle a dix-huit ans, elle part pour le manoir de Thornfield et devient la gouvernante de la pupille du propriétaire, Edward Rochester. Au fil des jours, cet homme bourru va être séduit par le caractère et le naturel de Jane : c’est le début d’une grande histoire d’amour qui devra surmonter de nombreux obstacles pour être vécue.

Ce livre m’a tenu en haleine. Jane Eyre se présente comme une autobiographie. La narratrice nous raconte sa vie de son enfance malheureuse avec sa famille, à sa découverte de la vie et de l’amour.
La narratrice apostrophe souvent le lecteur, et décrit tout ses choix. Jane n’est pas une inconnue pour le lecteur, l’honnêteté de son personnage fait que je l’ai  très vite apprécié  et compris sa complexité.

 La première partie du récit décrit l’enfance de Jane, la violence de son entourage familial  qui la maltraite, et sa vie qui débute réellement à l’institut Lowood où elle découvre l’amitié, le mérite et apprend à contrôler son tempérament volcanique. Jane y passe huit ans de sa vie, six en tant qu’élève et deux en tant qu’enseignante.
Comprenant qu’elle ne peut rester toute sa vie dans la molle sécurité de son emploi d’enseignante à Lowood, Jane trouve une place en tant que gouvernante pour un petite fille française dans un manoir perdu de la campagne anglaise. Cette deuxième partie du récit est celle où Jane va découvrir pour la première fois des sentiments d’amour. Je craignais que les trois cent pages restantes ne soient consacrés à l’idylle qui naît entre Jane et son maître, se cherchant l’un l’autre sans se l’avouer. Si cette étape est bien présente dans le roman, elle n’est pas trop longue. Jane ne cache pas la nature de ses sentiments et la relation qui s’établit entre les deux personnages est fondée sur des confidences et de véritable déclarations d’amour, ce qui m’a vraiment surprise ( je suis trop habituée à Orgueil et préjugés sans doute !).
Ce qui est intéressant c’est que cette deuxième partie ne nous invite pas uniquement à suivre l’histoire d’amour entre Jane et Mr. Rochester. Une domestique étrange et dangereuse habite au domaine. Son rire résonne parfois au beau milieu de la nuit terrorisant Jane. Personne ne veut lui expliquer la raison de sa présence et Jane sent qu’on lui ment ouvertement. Cette présence angoissante crée de véritables moments d’effroi que Charlotte Brontë met très bien en scène.
Pour ne pas gâcher la suite du roman je n’irai pas plus loin dans sa description.

Jane Eyre est un roman incroyable. Je n’ai ressenti aucune longueur lors de sa lecture, j’ai été parfois très émue et je me suis attachée aux personnages. L’absence d’amour lors de son enfance a fait de Jane une personne incapable d’accepter qu‘on puisse éprouver un amour durable à son égard. Elle préférera tourner le dos à l’amour plutôt que d’être heureuse :  « Je me croyais heureuse et fus surprise en découvrant que je pleurais »
A cent pages de la fin, j’étais incapable de deviner la suite, ce qui est assez rare et gage de bonne qualité à mes yeux.
Plus que par l’histoire d’amour, j’ai été séduite par ce personnage de femme qui doit apprendre à accepter d’être aimé.

Désormais, si quelqu’un mentionne Jane Eyre, je participerai aux cris de joie.

 Publié en 1847

Publicités

3 réflexions sur “Jane Eyre – Charlotte Brönte

  1. Pingback: Tableau d’honneur 2011 | Lectures Humaines

    • Et moi une préférence pour Jane Eyre 🙂 Les Hauts de Hurle-vent m’a beaucoup plus mais l’ambiance y est tellement sombre qu’il m’a limite fait peur ! (il m’en faut peu aussi…)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s