Le syndrome du livre prêté

Je ne suis pas une acheteuse  (dieu, que ce mot est laid) frénétique de livre. J’en achète peut être un ou deux tous les six mois. Cela risque de faire sauter au plafond certain(e)s  d’entre vous qui consacrent un budget astronomique chaque mois aux achats livresque. Mon argent part ailleurs (et il part très bien d’ailleurs le coquin…).

Ma consommation de livre est principalement une consommation de l’emprunt. Je travaille en bibliothèque, je veux un livre, je le prends. Une fois fini, je le repose.

Le syndrome de la possession du livre ne passe pas par moi. Hormis une petite dizaine de livres que j’aimerai éternellement, je ne ressens pas le besoin de posséder le livre, de le voir sur mon étagère. Je lis, je range, je passe au suivant. Si des phrases me bouleversent, je les notes. Je reprends rarement un livre pour relire quelques extraits. Le bonheur de l’emprunt.

S j’emprunte dans ma bibliothèque, j’emprunte également beaucoup à des amis. Un petit tour dans leur bibliothèque et je me retrouve avec un ou plusieurs livres que je n’aurais sans doute jamais découvert sans ça.

Et c’est là que le bât blesse : mes amis, ravis de mon incursion dans leurs voyages personnels, me proposent généralement de découvrir tel ou tel livre qu’ils ont réellement apprécié.

Au début j’acceptais avec plaisir, maintenant je dis oui poliment et je hurle un grand merde dans mon for intérieur.

(Mais pourquoi est-elle aussi méchante ?)

Je n’aime pas lire des livres que l’on me propose. J’ai besoin de choisir le livre, de voir s’il est en adéquation avec mes envies du moment.

Le geste amical est adorable et une preuve d’amour indéniable, mais je suis dans l’incapacité d’aimer un livre que l’on me prête. Pourquoi ? Parce qu’il peut tomber au mauvais moment, parce que je n’ai pas spécialement envie de lire cet auteur, parce que j’ai une liste d’envie déjà tellement grande que ce livre prêté va tout chambouler. Lorsqu’on vous prête un livre, on  s’attend à ce que vous ne le gardiez pas  en otage pendant deux ans. Du coup je me dépêche pour le lire, chamboulant ainsi  mon planning de lecture ( je sais généralement quels sont les cinq prochains livres que je vais lire).

Toutes ces chipoteries font que je n’arrive pas à aimer les livres prêtés. Je peux me plonger dedans, les apprécier, mais je ne connais pas ce frisson si spécifique qui s’installe à l’ouverture d’un livre voulu.

Le syndrome du livre prêté.  Un jour, peut être, je guérirais…

MarilynMonroeReadingJamesJoyce

Marilyn Monroe lisant Ulysse de James Joyce

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