Moby Dick – Herman Melville

L’indigestion maritime

Considérez le cannibalisme universel de la mer, dont toutes les créatures s’entre-dévorent, se faisant une guerre éternelle depuis que le monde a commencé.

Considérez tout ceci, puis tournez vos regards vers cette verte, douce et très solide terre ; ne trouvez-vous pas une étrange analogie avec quelque chose de vous-même ?

Car, de même que cet océan effrayant entoure la terre verdoyante, ainsi dans l’âme de l’homme se trouve une parts par toutes les horreurs à demi connues de la vie. Ne poussez pas au large de cette île, vous n’y pourriez jamais retourner.

****

15 Juillet – 11 Septembre. C’est le temps qu’il m’aura fallu pour venir à bout de ce mastodonte littéraire.  C’est une très longue période de lecture pour un seul livre. 

Le nombre de page ne pourrait expliquer ce gouffre temporel. Il ne s’agit pas non plus d’un manque de temps personnel à consacrer à la lecture (même si je n’ai pas eu de « vacances lecture », pas le temps). Non, cela m’a pris autant de temps pour une raison simple :  la longueur et l’ennui de certains chapitres du livre.

 Herman Melville (1819 -1891) publie Moby Dick en 1851. Récit relatant l’aventure d’Ishmael, jeune matelot rêveur et intrépide, s’engageant à bord du baleinier Le Péquod pour un voyage de trois ans dans les mers du globe. Très vite, Ishmael s’interroge sur la nature du capitaine du Péquod : mystérieux et invisible durant la première partie du voyage, sa réputation le précède, et son isolement dans sa cabine se fait sentir auprès des hommes de l’équipage.  Lorsque le capitaine Achab entre en scène, l’expédition du Péquod prend une toute autre tournure pour tous les matelots : l’équipage devra certes chasser les baleines mais devra avant tout se concentrer sur une baleine en particulier, celle responsable de la mutilation du capitaine Achab : Moby Dick, la baleine blanche, connue pour sa violence et son intelligence.

Tout au long du récit, le lecteur suit l’équipage du Péquod dans son quotidien : la chasse aux baleines, la récupération de son huile précieuse, la vie à bord du bateau, l’angoisse ou l’incompréhension des matelots face à cette vendetta souhaitée par leur capitaine qui semble chaque jour plus proche de la folie.

Si Ishmael est le narrateur, le personnage principal du récit est sans conteste la baleine blanche, hantant l’esprit d’Achab, terrorisant l’équipage à mesure que les histoires de combats sanglants et mortels leur parviennent au gré de leur rencontre avec d’autres navires. Moby Dick est indéniablement reliée au personnage d’Achab. La folie du capitaine est un élément majeur du récit, le lecteur se demande au premier abord si la description du colosse que fait Achab est disproportionnée ou si ce monstre des mers est vraiment aussi terrifiant qu’on le dit.

Si l’auteur s’était tenu à narrer l’histoire  du Péquod, Moby Dick ne m’aurait pas pris deux mois à lire. Herman Melville mêle à la fiction de (très) nombreux chapitres sur la morphologie du cétacé (la bouche, la queue, l’estomac…) mais aussi sur la technique de la chasse à la baleine, l’extorsion de l’huile, l’histoire de la chasse à travers les siècles et les pays,  la différence entre certains poissons. Bref, beaucoup, beaucoup, beaucoup de chapitres qui m’ont complètement perdu, malgré moi. De plus, la psychologie des personnages n’est pas assez développée. Si Ishmael est un personnage à part entière avant d’embarquer sur le Péquod, il disparaît progressivement derrière les connaissances énormes de Melville sur les baleines, donnant ainsi la sensation de ne plus avoir affaire au narrateur mais directement à l’auteur.

Ma lecture a donc été « forcée », j’ai oublié durant ce laps de temps qu’on pouvait aimer lire et passer un bon moment avec un livre (lors des chapitres didactiques). Pourquoi m’être accrochée ? Tout simplement parce que ce livre a été le premier choix d’un club littéraire que quelques amies et moi même avons fondé. Je suis la seule à l’avoir fini. (Et je m’en vanterai éternellement).

Bon, au moins, je l’ai lu, et j’en profite pour rayer son nom de mon challenge les 50 livres qu’il faut lire

63539548

731 pages – Folio Classique

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Une réflexion sur “Moby Dick – Herman Melville

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