Vos incontournables

Bonjour à tous,

Mon amour pour les listes frappe encore.

Je travaille en bibliothèque (seule) et lorsqu’un usager me demande des conseils de lecture, j’ai du  mal à le conseiller. Si j’aime la littérature et en parler, j’ai beaucoup de difficulté à dire à un inconnu « Ce livre m’a plu » parce qu’on est pas sûr que cette appréciation littéraire sera réciproque.

Du coup je cherche rapidement dans ma mémoire, quels sont les livres dont a parlé la blogosphère littéraire, quels sont ces incontournables que je n’ai pas encore lu ?

Alors soyons collectifs si l’opération vous intéresse.

Citez-moi, dans les commentaires de ce billet, vos 3 livres préférés (ou moins, mais 3 maximum), ceux qu’il faut absolument lire une fois dans sa vie. Par la suite, je créerai un onglet sur ce blog où vous pourrez accéder à cette liste.Si un ouvrage est cité à plusieurs reprises, je mettrai un nombre entre parenthèses à côté.

Blogueurs littéraires, mode, maman, déco, cuisine ou autre et non blogueurs, mettons en place une liste des incontournables !

Merci à tous !

De la jouissance en littérature : 50 leçons – Edouard Launet

Le jeu de la littérature

O amis lecteurs qui vous contentez de l’innocent et banal « bonheur de lecture », pouvez-vous seulement imaginer la jouissance que peut procurer la littérature ? Savez-vous qu’il existe un continent de plaisirs inconnus offert à tous ceux qui s’approchent d’un livre ? Si vous l’ignorez, il est temps pour vous d’embarquer à bord de celui-ci… Vous y découvrirez une délibération secrète du jury Goncourt ; l’art de l’insulte chez les écrivains ; les stratégies d’accouplement mises en scène sur les couvertures de romans sentimentaux ; l’usage de Victor Hugo au Parlement ; que le dernier billet manuscrit de Proust concernait une définition de mots croisés ; que le Dr Devendra Singh, au Texas, a analysé 345 000 romans de littérature anglaise pour définir ce qu’est une femme séduisante ; que l’Académie nationale américaine des sciences se chamaille pour savoir si une baisse de la lumière du soleil dans l’Odyssée décrit bien une éclipse ; que le darwinisme littéraire consiste à se demander pourquoi on lit des romans au lieu de faire l’amour ou de s’occuper du jardin, ce qui serait bien plus profitable à la survie de l’espèce ; que selon la revue Psychological Science, lire Kafka rend plus intelligent ; comment BHL et Houellebecq parlent musique ; ce qu’Agnès veut réellement dire en énonçant « Le petit chat est mort » dans L’Ecole des femmes ; qu’Herménégilde Chiasson est bien un poète ; qu’à Gdansk, un colloque a été consacré aux « livres qu’on n’a pas lus » ; que le prix Bulwer-Lytton récompense chaque année le pire incipit de roman ; que Philip M Parker a écrit 85 000 romans grâce à un logiciel de sa création ; comment la lecture au lit influe sur la stratégie de reproduction des couples, etc. Grâce à ces 50 leçons de bonheur et d’hédonisme textuels, mélanges d’espièglerie et de rigueur scientifique, vous n’ouvrirez plus jamais un livre de la même façon…

***

Lorsqu’un ouvrage vous fait sourire dès le premier paragraphe, il est assez agréable de se laisser charmer et de découvrir ce que l’auteur a à nous raconter.  Edouard Launet nous invite à découvrir le jeu de la littérature. Les auteurs sont épiés, décortiqués, que ce soit leurs habitudes, leurs choix de ponctuation, ou de phrase d’ouverture de livre. Ces personnes qui les décortiquent ne sont autres que les universitaires qui cherchent à comprendre pourquoi tel point se trouve à tel endroit. L’auteur s’amuse de ces questionnements ou des créations artistiques autour de la littérature, et nous livre  des pistes de réflexions, des conseils amusants aux jeunes auteurs et énormément d’anecdotes succulentes.

Le travail fourni par Edouard Launet me semble prodigieusement énorme. Combien d’analyses et de colloques inconnus du grand public a-t-il dû lire, à chercher l’information et la faire swinguer en des chroniques aussi réjouissantes ?  L’humour littéraire est chose  rare, et d’autant plus délectable quand il est aussi bien fait.

Kafka rend plus intelligent, Victor Hugo est une super-star au sein du Parlement français, Jules Verne probablement un auteur érotique… Tout dans ce livre mène le lecteur à l’amusement et à la découverte.

On referme ce recueil amusé, heureux de ne pas être universitaire et effrayé de se faire un jour décortiquer de cette façon si on publie un livre. De la jouissance en littérature est  un ouvrage intelligent et très drôle.

Je ne résiste pas au plaisir de retranscrire un extrait du livre, parce qu’en réalité, la meilleure solution pour rendre justice au livre est encore de laisser la parole à celui-ci :

« Au début de l’année 2000, alors que la France était encore sous le choc de deux tempêtes qui venaient de la ravager d’ouest en est, le territoire fut balayé par un troisième ouragan aux dégâts moins immédiatement manifestes mais aux conséquences sans doute plus durables : la publication aux Presses universitaires de Limoges d’un long texte de Bertrand Westphal intitulé Pour une approche géocritique des textes : esquisses. » p. 53

Livre reçu dans le cadre de Masse Critique de Babelio. Retrouvez la fiche du livre ici

Un grand merci donc à Babelio et aux éditions Philippe Rey