Les Souvenirs – David Foenkinos

Ni oui ni non

Livre reçu dans le cadre des Match de la rentrée littéraire organisés par Price Minister. Pourquoi avoir demandé Les Souvenirs de David Foenkinos ? Par pure curiosité, pour me faire un avis sur cet auteur qui est tour à tour encensé puis descendu.

1 / L’histoire

Rien de bien folichon. Le narrateur vient de perdre son grand-père et sa famille se retrouve dans l’inconfortable position de placer la grand-mère en maison de retraite, malgré le refus ce celle-ci.

A partir de ce moment, le narrateur va découvrir un nouvel aspect de la vie, celui où l’on découvre nos grands-parents avec un regard d’adulte. Ce regard qui nous permet de voir le désarroi, l’ennui de la vie de retraité et la disparition de la notion d’avenir.  En prenant conscience de cette vieillesse qui touche irrémédiablement ceux qui ont été jeunes, le narrateur  perçoit sa vie différemment, ses objectifs, sa vie sentimentale, la relation qu’il a avec ses propres parents  tout juste retraités. Cette prise de conscience se mélange à sa réflexion sur l’écriture. Le narrateur souhaite écrire un livre. En le suivant sur plusieurs années le lecteur assiste au changement du  narrateur qui dépasse le fantasme de l’écrivain pour se confronter à la réalité des premiers mots jetés sur le papier.

2 / L’écriture

Après le rien de bien folichon, nous sommes dans le rien d’intéressant en ce qui concerne l’écriture. Aucune phrase de notée, aucun choc littéraire. J’ai été plus mal à l’aise face à l’écriture de David Foenkinos que charmée. J’ai eu cette désagréable sensation de lire la prose de quelqu’un qui se veut écrivain mais qui s’asphyxie sous les fantômes des géants de la littérature. Certaines phrases font tâche dans l’ensemble du texte, comme si Foenkinos était à la recherche de la phrase qui nous ferait poser le livre deux petites secondes pour regarder le plafond et se dire « Ah ouais, quand même ». Alors soit c’est un coup de maître de l’auteur qui parvient à écrire comme un homme qui se voudrait écrivain et qui se cherche littérairement parlant, soit c’est le style de Foenkinos. Je ne peux trancher sur cette question étant donné qu’il s’agit de ma première lecture de cet auteur.

Et pour couronner le tout, il y a une chose que j’ai absolument détesté : les notes de bas de page pour donner des précisions quant aux choix d’une ponctuation ou pour donner une information sur un personnage que l’on suit depuis le début. Je n’ai pas compris l’intérêt si ce n’est mettre en avant la faiblesse de son texte ou prendre le lecteur pour un imbécile.

Un très bon point tout de même : Foenkinos parvient très bien à écrire l’émotion. A la lecture de ce livre, certains passages m’ont réellement émue, notamment dans les descriptions des rapports grand-mère/petit-fils. On s’attache facilement aux personnages.

3 / Conclusion

C’est donc une conclusion étrange. Si je pense au livre, c’est un avis négatif qui me vient à l’esprit. Une histoire somme toute assez commune, manquant de saveur, des moments clichés et un style qui ne m’a pas plu. Et pourtant, ma lecture n’a pas été forcée, j’ai même éprouvé un certain plaisir et l’envie de connaître la fin était bel et bien présente

C’est un livre un peu beau, un peu glauque, un peu réussi et un peu raté.

Je remercie Price Minister pour l’envoi de ce livre.

Gallimard – 265 pages

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20 réflexions sur “Les Souvenirs – David Foenkinos

  1. tiens-tiens, les notes de bas de page… c’est précisément ce qui m’a horripilée dans La délicatesse et que j’ai expliqué chez moi il n’y a pas longtemps. J’étais assez déterminée à ne pas m’infliger de Foenkinos une seconde fois, je crois que je suis désormais convaincue.

    • Oui j’avais lu ton billet ! Je ne vais pas non plus poursuivre la découverte de cet auteur et je suis au moins ravie que t’avoir convaincue de ne pas tenter non plus (il prend cher le Foenkinos…)

    • Je ne savais pas qu’il avait fait des notes de bas de page dans la Délicatesse. A croire que c’est sa (mauvaise) marque de fabrique !

  2. Roh la la je n’étais pas inspiré à la base par l’auteur (j’avoue comme tout le monde j’ai jeté un oeil sur le phénomène « La délicatesse » mais brrr…non merci ! ton avis et celui de toutes les autres juste avant me confirme dans mes choix…

    • Je n’étais pas inspirée non plus mais j’ai voulu me faire mon propre avis (histoire de critiquer qqch que j’ai lu et non critiquer parce que ça avait l’air nul). Le livre n’est pas nul mais je n’aime pas le style de l’auteur et ça reste assez superficiel, j’ai cru comprendre que c’était la même chose pour la Délicatesse, alors tout comme toi je dirais maintenant « non merci » si on me propose un autre livre de lui !

  3. AH merdum ! J’ai lu pas mal de critiques positives et toi tu arrives et t’effondres tout lol… bon j’avoue que certains livres de David sont un peu bizarres (je pense à « qui se souvient de David Foenkinos ») et avec ta critique + la lecture du De Vigan qui m’a semblé dérangeant et trop personnel voire impudique ça me refroidit !

    • Il y a moult critiques positives de ce livre c’est clair ! Mais bon si tu apprécies Foenkinos, tu peux le lire et tu verras bien ce que tu en penses, je ne voudrais pas t’en empêcher !
      Je vais de ce pas lire ta critique de de Vigan !

  4. Vlan dans la tronche! En même temps, ta critique est argumentée et elle est très intéressante à lire après tous les éloges (pas forcément constructifs, à force) qu’a eu le livre.
    De mon côté, j’avais feuilleté l’ouvrage et les quelques pages lues m’avaient donné la même impression qu’à toi…Un style assez insignifiant. En lisant ta chronique, je me dis que mon instinct ne m’a pas forcément trompé sur ce coup là ^^

  5. Je n’ai lu de lui que Le potentiel érotique de ma femme, il y déjà quelques années de ça. C’était pas mal mais pas transcendant. Ma meilleure amie m’en avait fait un tel éloge que j’avais été assez déçue. Je n’ai pas trop envie de récidiver.

    • Je ne le connaissais pas avant que tout le monde parle de La délicatesse, j’aiun sacré train de retard !Mais effectivement si tu n’as pas apprécié, ça ne sert à rien de te lancer dans celui là, l’histoire est pas mal mais le style…

  6. Bon voilà, Foenkinos et moi, c’est plié ! Exactement ce que j’ai ressenti avec La délicatesse et ces notes de bas (et haut également) de pages horripilantes, des phrases clichés et hautement philosophiques, un chouïa d’émotion, et à la fin, l’impression de s’être fait rouler dans la farine. Je crois que je vais oublier avant de lui donner une seconde chance ! 😉

    • C’est fini aussi pour moi, je voulais me faire une idée, le livre m’a suffit et tous les commentaires me montrent que ce n’est pas seulement celui là donc, j’annonce officiellement : Foenkinos et moi, c’est fini ! (et ça n’a même pas été passionnel…)

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