Tableau d’honneur 2011

C’est l’heure de mon propre règlement de compte. Premier constat : J’AI MOINS LU CETTE ANNÉE QUE LES ANNÉES PRÉCÉDENTES !

Je ne m’en remets pas. Même si je reste dans ma moyenne, je n’ai pas battu mon record personnel. Alors la faute à qui ? A l’achat gargantuesque de vêtement ce qui par conséquent a fait doubler mon temps de repassage ? A la consommation elle aussi gargantuesque de séries ? La vie en générale ? Ou tout simplement à la lecture de Moby Dick ??

Certainement un peu des quatre, et aussi  à la fin des transports en commun qui m’offrait deux heures de lecture par jour…

Les chiffres m’importent peu au final mais à l’ouverture de ce blog j’étais persuadée d’augmenter fièrement mon quota.

Et bien non.

Quoi qu’il en soit je me suis tout de même régalé avec de nombreux livres et j’ai pris également beaucoup de plaisir à relater mes lectures ici ainsi qu’à découvrir de nombreux livres via vos blog.

Alors, dans l’ordre de lecture, quels sont mes coups de cœur de  cette année deux mille onze ?

  • A la croisée des mondes T2, Philip Pullman : Je meurs d’envie de lire le 3 depuis un an et la tradition veut que je le lise en Janvier, la délivrance est proche.

Et pour finir l’année en beauté…

Mariages et Infidélités – Joyce Carol Oates

Challenge La nouvelle

« Dans ce recueil de dix nouvelles, Joyce Carol Oates porte son analyse sur le terrain du couple déjà formé et déjà séparé, dans les lendemains de l’amour. Là se manifestent d’autres forces qui, pour être plus sournoises, n’en sont pas moins meurtrières. Paradoxalement, ce n’est pas l’histoire des rapports entre les membres du couple qui intéresse la romancière. Le mariage n’est  pris par elle que comme une situation de fait, une donnée de base, un prisme à travers lequel se révèlent des conflits, des « infidélités » dont la source est à chercher ailleurs. »

Extrait de la préface de Claire Malroux

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Première lecture de cette auteure si appréciée sur la blogosphère littéraire.  Commencer par des nouvelles n’est peut être pas le choix le plus judicieux, toutefois ce livre m’intriguait. Mariages et Infidélités regroupe dix nouvelles de l’écrivaine américaine. Si la première nouvelle m’a enchanté, il m’a été plus difficile d’accrocher aux autres du recueil. La première nouvelle, Un mariage sacré, la plus longue du recueil, met parfaitement en place un univers mêlant mélancolie et exaltation et m’a donné l’envie que ce recueil de nouvelles se transforme en roman et ne conserve que cette histoire.

Pourtant chaque nouvelle a une fin. C’est donc intriguée que j’ai continué cette lecture. Premier constat, les autres nouvelles du recueil sont beaucoup plus sombres. Chaque nouvelle met en scène un personnage en prise à une dépossession de sa vie personnelle, de ce qu’il est, doit être, aspire à être : la femme mariée qui vit en banlieue finit par haïr son enfant ; le père divorcé, découvrant qu’il ne peut pas aider son unique enfant par incompréhension et par lâcheté ; la femme adultère qui décide de revenir vivre avec sa famille après quelque mois passé avec son amant,…

Une chose est sûre, aucune nouvelle n’est joyeuse. Cette ambiance assez lourde a eu raison de mon enthousiasme à la lecture : j’ai passé environ une semaine à regarder le livre fermé, sans désirer l’ouvrir alors qu’il ne me restait plus qu’une seule nouvelle à lire.

Je ne lis pas beaucoup de nouvelles. Hormis les recueils lus de Fitzgerald, ma culture « nouvellesque » est assez plate. Et ce que je pensais aimer d’une manière générale avec ce genre – découvrir une histoire sans début défini et ne pas forcement connaître la fin, juste partager un moment de vie  –  je ne l’ai pas retrouvé dans ce recueil.  J’ai été frustrée dans cette lecture dans le sens où j’avais envie que les nouvelles soient plus détaillées, d’en savoir plus sur les personnages, continuer à avancer dans cet univers, qui est certes sombre, mais non dépourvu d’intérêt.

Le lecteur est happé dans un cercle de souffrance étrange et désagréable et la brièveté du récit accentue ce malaise, ne permettant pas d’avoir assez de recul pour ne pas être affecté par la teneur des histoires.

Mariages et Infidélités est une lecture déstabilisante, toutefois le génie de Joyce Carol Oates m’apparaît clairement, et lorsqu’une lecture est éprouvante au niveau du ressenti je ne peux que m’incliner devant la force de cette écriture qui a su provoquer quelque chose en moi.  Joyce Carol Oates je ne manquerais pas de lire un autre de vos livres (oui, oui, elle va me lire, c’est sûr…)

Lu dans le cadre du challenge La nouvelle organisé par Sabbio

Simetierre – Stephen King

Si vous avez peur des chats

Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, charmante petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Grandall, les emmène visiter le pittoresque vieux « simetierre » forestier où des générations successives d’enfants de la localité ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, il en est un second, et c’est un lieu imprégné de magie qui vous enjôle et vous séduit par de mystérieuses et monstrueuses promesses. Bientôt, le drame se noue, et l’on se retrouve happé dans un suspense cauchemardesque, tellement affreux que l’on voudrait s’arracher à cette lecture…

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J’ai voulu lire quelque chose pour me faire peur, un livre qui m’empêcherait de me coucher sereinement sans avoir fait le tour des pièces. Par conséquent j’ai pensé à Stephen King. Sauf que cet auteur est excessivement prolifique et que tous ses romans ne doivent pas être de qualité égale. C’est grâce à Mazel que j’ai jeté mon dévolu sur Simetierre dans l’espoir de frissonner un peu (ma lecture s’est faite en pleine période d’Halloween, le marketing a gagné…).

Alors est-ce que c’est « tellement affreux qu’on voudrait s’arracher à cette lecture » ?. Et bien oui, un peu. Tout commence à peu près bien, une nouvelle famille, charmante et américaine jusqu’au bout des ongles s’installe dans cette grande maison longeant une sorte de départementale. Le lieu semble idyllique mais il y a double danger : la route et cette immense forêt adjacente à leur propriété qui semble dégager un étrange pouvoir…

Raconter toute l’histoire du livre reviendrait à le gâcher  étant donné que l’on ne lit pas Stephen King pour son style mais pour les rebondissements. En tout cas si vous avez peur des chats, il se trouve dans ce livre le chat le plus affreux du monde,  vicieux, sournois, méchant et complètement répugnant.

Donc oui j’ai voulu m’arracher à la lecture parce qu’à partir d’un certain moment ça devient franchement glauque, ça s’éloigne même de l’éthique. Par contre, j’ai dormi sur mes deux oreilles car, heureusement, je n’ai pas de chat chez moi, sinon l’angoisse du regard vert et perçant m’aurait obligé à enfermer la bête dehors (mais elle parvient toujours à rentrer).

Quoi qu’il en soit, mon premier Stephen King lu ne se conclut pas sur une déception ou une découverte incroyable. C’est sympathique. Au niveau du rythme c’est les montagnes russes : du haletant au soporifique. La façon dont King fait monter le suspense est classique mais efficace : tout va bien, le héros se brosse les dents, le lecteur ne s’attend à rien et la page suivante c’est l’horreur et l’hémoglobine.

Une lecture qui vide l’esprit et qui pourrait déclencher une phobie féline.

475 p.