On dirait vraiment le paradis – John Cheever

Les valeurs américaines

Lemuel Sears mène une vie paisible à Manhattan. Conscient de son vieillissement, il vit dans la crainte de ne plus jamais connaître l’amour. Un jour, il se rend dans la petite ville de Janice pour patiner sur l’étang et découvre que celui-ci est utilisé comme dépotoir. Révolté, il entame une procédure judiciaire pour rendre à Janice son paysage bucolique. Entre politiciens véreux et mafiosi, Lemuel Sears croisera la route de femmes et d’hommes à la recherche, comme lui, d’un peu de beauté.

***

Premièrement, il ne faut pas se  fier à cette quatrième de couverture qui, tout en respectant le secret de la magie de ce livre, n’incite pas du tout à l’ouvrir. Du moins, moi, je n’en avais pas envie. Mais bon littérature américaine mon amour, je ne passerai pas à côté d’un de tes auteurs. Et donc comme bien souvent cette littérature américaine a triomphé.

Un homme, résidant à New York, conscient du changement de génération qui s’opère autour de lui est attristé par la perte de certaines valeurs, essentielles à ses yeux.   Lemuel Sears est un homme sans âge. Décrit comme « âgé mais toujours en pleine possession de ses moyens », Sears mêlera au cours de ce récit ses nombreux souvenirs de différentes époques et ses ébats actuels avec une jeune femme rencontrée à la banque, sa dernière chance d’aimer. Au cours de ces pages, Sears aimera un étang, une femme, un homme, se questionnera sur sa sexualité, sur son besoin d’aimer, se battra pour quelque chose qui lui tient à cœur tout en se remémorant   les souvenirs de ses vies passées. Le tout raconté avec un humour fin et désopilant.

C’est un livre qui se lit avec plaisir. L’écriture de Cheever est dynamique, sensible et surtout dotée d’une ironie mélancolique délicieuse. La singularité de chaque personnage, tous loufoques et pourtant tellement commun, porte vraiment ce livre. Réel témoignage sur cette époque à cheval entre les 70’s et les 80’s, cette difficulté d’adaptation à ce monde en mutation. Sears et d’autres personnages se battent pour sauver une parcelle de ce qu’ils ont connu afin de conserver ce paradis vivant – qu’il soit dans le lac, l’amour ou la famille – et ne surtout pas en être exclu.

Cheever, je te relirai.

Folio. 132 p.
Traduction de Lætitia Devaux
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8 réflexions sur “On dirait vraiment le paradis – John Cheever

    • Ah c’est drôle pour la 4ème de couv ! Comme quoi les avis sur les romans sont tous complètement subjectif. En tout cas, ravie que tu le notes car si tu aimes la littérature américaine, tu vas aimer !

  1. Noté pour mes futures lectures ! Ton article va me permettre de découvrir cet auteur et m’ouvrir un peu plus à la littérature américaine, que je connais peu…

  2. C’est toujours une bonne nouvelle quand on arrive à aller au-delà de nos propres préjugés pour se donner le temps d’apprécier un livre ! Bravo à toi ^^

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