Journal d’un corps – Daniel Pennac

De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire.

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M. Pennac, lorsqu’il écrit un livre, c’est très souvent très  bien. Et clairement ce n’est pas avec ce livre là que l’on va commencer à dire le contraire.

Un homme a tenu son journal toute sa vie. Cet homme est censé être réel et non fictif (mais moi, j’y crois pas…). La fille du détenteur du journal se rend un soir chez Pennac, les yeux rougies par une nuit intensive de lecture et de pleurs et confie à Daniel (quel joie de nommer les auteurs par leur prénom) les nombreux  carnets griffonnés par son père.

Ainsi commence la découverte de ce personnage, de ses 13 ans à sa mort. Une vie bien remplie que l’on entraperçoit au travers des petits bobos et autres sensations relevant des cinq sens.

Nous ne tombons pas dans le « cher journal » mais restons bel et bien dans l’analyse du corps de cet homme, de ses sensations de maladie, d’amour, d’angoisse, de plaisir, de souffrance.

Ça se lit avec plaisir, M. Pennac écrit toujours aussi bien, c’est une idée incroyablement originale. Si le début du livre est tendrement comique (les affres de l’enfance et de l’adolescence) la fin du livre est vraiment touchante, lorsque le personnage que nous avons appris à côtoyer assiste au déclin de son plus grand allié, de ce corps qui le lâche de plus en plus sans jamais cesser de le surprendre. La vie sociale  de cet homme est tracée en pointillé mais sa vie organique nous est offerte sans aucune pudeur.

Beau.

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Journal d’un corps, Daniel Pennac
Publié en Février 2012
Gallimard
400 pages