Journal d’un corps – Daniel Pennac

De 13 à 87 ans, âge de sa mort, le narrateur a tenu le journal de son corps. Nous qui nous sentons parfois si seuls dans le nôtre nous découvrons peu à peu que ce jardin secret est un territoire commun. Tout ce que nous taisions est là, noir sur blanc, et ce qui nous faisait si peur devient souvent matière à rire.

***

M. Pennac, lorsqu’il écrit un livre, c’est très souvent très  bien. Et clairement ce n’est pas avec ce livre là que l’on va commencer à dire le contraire.

Un homme a tenu son journal toute sa vie. Cet homme est censé être réel et non fictif (mais moi, j’y crois pas…). La fille du détenteur du journal se rend un soir chez Pennac, les yeux rougies par une nuit intensive de lecture et de pleurs et confie à Daniel (quel joie de nommer les auteurs par leur prénom) les nombreux  carnets griffonnés par son père.

Ainsi commence la découverte de ce personnage, de ses 13 ans à sa mort. Une vie bien remplie que l’on entraperçoit au travers des petits bobos et autres sensations relevant des cinq sens.

Nous ne tombons pas dans le « cher journal » mais restons bel et bien dans l’analyse du corps de cet homme, de ses sensations de maladie, d’amour, d’angoisse, de plaisir, de souffrance.

Ça se lit avec plaisir, M. Pennac écrit toujours aussi bien, c’est une idée incroyablement originale. Si le début du livre est tendrement comique (les affres de l’enfance et de l’adolescence) la fin du livre est vraiment touchante, lorsque le personnage que nous avons appris à côtoyer assiste au déclin de son plus grand allié, de ce corps qui le lâche de plus en plus sans jamais cesser de le surprendre. La vie sociale  de cet homme est tracée en pointillé mais sa vie organique nous est offerte sans aucune pudeur.

Beau.

***

Journal d’un corps, Daniel Pennac
Publié en Février 2012
Gallimard
400 pages
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6 réflexions sur “Journal d’un corps – Daniel Pennac

    • Si tu en as l’occasion, je te conseille de le lire. Ce n’est pas « passionnant » mais l’originalité du sujet et le style de Pennac en font un très bon livre 🙂

  1. Tu me donnes envie de le lire.
    Je connais Daniel Pennac grâce à la saga des Malaussène que j’ai dévorée avec le même plaisir et émerveillement que je ressentais lors de mes lectures étant enfant ou ado.
    Rien que pour ça, chapeau à cet auteur qui est une sorte de magicien de l’écriture !

    • J’avais également adoré la saga des Malaussène mais je n’ai pas trouvé de ressemblance au sein de ce livre avec le style de la saga (une allusion à un moment donné par contre, ce qui est assez rigolo). Du coup je suis bien d’accord sur le fait que Pennac est un magicien de l’écriture puisqu’il arrive faire des livres très différents tout en conservant cette qualité qui lui est propre !

  2. Pour ma part, un peu de déception à la lecture de ce livre. Je pense qu’il ne faut pas le lire comme un roman, mais par petits bouts pour ne pas se lasser trop vite… L’ennui n’est pas très loin même si certains passages sont vraiment brillants et savoureux!

    • Je comprends ce que tu dis, j’ai moi même ressenti une petite lassitude sur certain passage, mais plusieurs semaines après la lecture j’en garde un très bon souvenir et j’ai même oublié ces moments un peu moins prenant. Mais tu as raison de dire qu’il ne faut pas le lire comme un roman, d’autant plus que Pennac s’intègre au récit au début du livre, ce qui me donne l’impression qu’il invite le lecteur à ne pas vivre ce livre comme un roman.

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