Le temps où nous chantions – Richard Powers

Tout commence en 1939, lorsque Delia Daley et David Strom se rencontrent à un concert de Marian Anderson. Peut-on alors imaginer qu’une jeune femme noire épouse un juif allemand fuyant le nazisme ? Et pourtant… Leur passion pour la musique l’emporte sur les conventions et offre à leur amour un sanctuaire de paix où, loin des hurlements du monde et de ses vicissitudes, ils élèvent leurs trois enfants. Chacun d’eux cherche sa voix dans la grande cacophonie américaine, inventant son destin en marge des lieux communs : Jonah embrasse une prometteuse carrière de ténor, Ruth, la cadette, lutte aux côtés des Black Panthers, tandis que Joseph essaye, coûte que coûte, de préserver l’harmonie familiale. Peuplé de personnages d’une humanité rare, Le temps où nous chantions couvre un demi-siècle d’histoire américaine, nous offrant, au passage, des pages inoubliables sur la musique.

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Messieurs-dames, quel livre ! Mille pages de voyage musical et temporel. Joseph, cadet de la famille mixte Strom nous narre son histoire. Celle de ses parents mais également celle des ses grands-parents, celle de son frère et de sa sœur. Une famille unie dans la musique mais déchirée à la mort de Delia, la mère. Suite à ce drame, la famille Strom ne parvient plus à se comprendre et Joseph tente, avec tout l’altruisme du monde, de recoller les morceaux. Double fantomatique de son frère Jonah, Joseph le suit corps et âme  dans sa carrière de chanteur de musique classique, au point d’en oublier sa propre personnalité et de mettre de côté son chemin de vie personnel.

Richard Powers nous fait vivre l’enfance de ces deux petits garçons, nés dans une famille où la musique est essentielle. Chaque jour, chaque geste, est chanté. Enfance difficile pour deux garçons métisse dans l’Amérique des années 40. Un roman fleuve nous permettant de vivre l’ambiance de l’époque : la fin de la seconde guerre mondiale, Hiroshima, les Black Panthers, l’évolution de la place des noirs dans la société américaine.

Si la narration passe d’une génération à une autre, la musique reste le fil conducteur, celui qui relie tous les membres de cette vaste famille, malgré leurs idéaux opposés.  A travers une simple famille, Richard Powers nous mène beaucoup plus loin et nous offre un vrai voyage dans le temps, peuplé de personnages mélancoliques, à la fois attachants et agaçants mais jamais manichéen.

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Le temps où nous chantions, Richard Powers
Publié en 2003, édition de 2008
10/18
1045 p.
Traduit de l’américain par Nicolas RIchard
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2 réflexions sur “Le temps où nous chantions – Richard Powers

  1. Je suis en train de lire « Gains » du même Powers qui est sorti en août, et j’ai très envie de lire d’autres romans de lui, j’avais déjà noté ce roman dont tu parles, je penses donc le lire prochainement.

    • J’irai lire ton billet 🙂 J’ai bien envie de lire d’autres livres de cet auteur mais j’ai l’impression qu’il produit toujours des fresques assez complètes, et donc des livres long à lire. Du coup pour le moment, je me contente de celui ci. En tout cas, je ne peux que te le conseiller, c’est vraiment un beau moment de lecture !

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