Et des gros bisous !

Il fallait si attendre, le manque de nouveautés ne marque pas une panne de lecture mais tout simplement un manque d’envie de bloguer.

Merci à tous ceux qui sont passés par là, et je recommencerais à écrire ici un jour sans doute, mais pour le moment non.

Alors, à plus tard !

 

D.

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14 – Jean Echenoz

poster_237569Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.

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Voilà un moment que j’ai lu ce roman et je n’ai pas ressenti l’envie d’en parler ici. D’une je ne trouvais pas de chose assez intéressante à dire qui puisse rajouter aux divers critiques déjà écrites. De deux, j’avais peur de devoir dire que je n’ai pas trop aimé, et le dire c’est le rendre réel et ça me chagrine : 14 ne m’a pas vraiment plu.

Echenoz décrit  la guerre de manière  minimaliste et pertinente puisqu’il se concentre sur le destin de peu de personnage. Par destin, il ne faut pas entendre « grande aventure où l’on rencontre angélique marquise des anges » mais tout simplement bout de vie. Comme beaucoup d’hommes entre 14 et 18, les hommes de 14 sont envoyés au front, et y survivent tant bien que mal.

Le lecteur suit en parallèle la vie d’une femme, restée au village.

J’oscille entre le « c’est intéressant comme façon de raconter » et « ça ne m’a pas intéressé » et j’ai bien du mal à faire un vrai billet construit. Compliqué.

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14 – Jean Echenoz
Publié aux Editions de Minuit, 2012
123 p.

Le mur invisible – Marlen Haushofer

Une catastrophe sans doute planétaire, mais dont l’origine chimique ou nucléaire restera indéfinie, va bouleverser l’existence d’une femme ordinaire. A la suite d’un concours de circonstances, elle se retrouve seule dans un chalet en pleine forêt autrichienne, séparée du reste du monde par un mur invisible au-delà duquel toute vie semble s’être pétrifiée durant la nuit. Le chalet est confortable, équipé de provisions et des objets de première nécessité. L’héroïne, tel un moderne Robinson, va organiser sa survie en compagnie de quelques animaux familiers.

***

Un livre sur la solitude,  la féminité,  la survie. Sur ce besoin de tenir malgré tout pour soi ou pour les autres. La narratrice  débute son récit dans un besoin de partage. Voilà  quelques mois que cette femme est seule, enfermée dans cette montagne par un mur invisible, monté au cours d’une nuit.   A bien y regarder, les animaux et les hommes se trouvant de l’autre côté du mur semblent figés, comme prisonniers éternels du temps.

Bien sûr la narratrice se pose beaucoup de questions sur la présence de ce mur, elle cherche un moyen de passer de l’autre côté, mais si passer de l’autre côté lui causait une mort immédiate ? Acceptant alors sa situation, la narratrice décide de vivre, en attendant d’éventuel secours. Accompagnée d’un chien, elle explore cette montagne et vient ajouter un chat et une vache à ses compagnons. Le lecteur suit la vie de cette femme avec ses mémoires, son histoire qu’elle décide d’écrire pour échapper à la peur, à cette solitude humaine.

C’est un livre étrange, une histoire étonnante et émouvante. Celle de cette femme qui doit réapprendre à vivre avec la nature, oublier la notion de temps ; de cette mère qui réfléchit sur sa vie désormais passée. Où trouver la force de continuer ? L’angoisse de vivre est-elle plus forte que celle de partir ? Comment réagir dans cette situation extrême ?

Beau portrait de femme, voire d’humanité.

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Le mur invisible, Marlen Haushofer
Publié en 1968, édition de 1992
Babel
321 p.
Traduit de l’allemand parr Liselotte Bodo et Jacqueline Chambon

3096 jours – Natascha Kampusch

Enfance, détention et liberté

En août 2006, après huit années de séquestration, l’autrichienne Natascha Kampusch parvient à s’échapper  de l’oppression de son bourreau. Ce faits divers a fait couler beaucoup d’encre à l’époque, les journalistes prêchant le vrai comme le faux. Natascha Kampusch a donc décidé de raconter elle même son histoire afin de mettre fin aux informations erronées qui circulaient sur elle et sur le ravisseur.

Natascha nous raconte d’abord son enfance, le divorce de ses parents, l’attitude froide de sa mère à son égard, ses problèmes de confiance en elle et son irrépressible envie de grandir, d’atteindre l’âge de 18 ans pour enfin commencer sa vie.

C’est cette volonté d’indépendance qui poussa Natascha à demander l’autorisation de se rendre à l’école seule à pied. Le matin de son enlèvement, Natascha part sans un au revoir pour sa mère avec qui elle s’est disputée la veille. Sur le chemin elle aperçoit un homme adossé à une camionnette. Connaissant les histoires de pédophilie très présente dans les médias de l’époque Natascha se méfie mais  décide de ne pas  changer de trottoir, après tout il ne peut rien lui arriver.

C’est alors que débute son calvaire qui durera huit ans.  Le ravisseur, comme elle le nomme dans le livre, souhaite avoir une esclave, quelqu’un qui répondrait à ses moindres fantasmes, une compagne, une amie, une femme de ménage. Entre humiliation et scène de violence, Natascha parvient à tenir  en n’oubliant jamais qu’elle est une personne, que sa vie ne peut se limiter à cet enfer et qu’un jour elle parviendra à fuir.

J’ai été particulièrement surprise par la force de cette jeune femme, son courage ainsi que par sa grande sensibilité. Pour Natascha, rien n’est tout noir  ou tout blanc. Elle parle souvent de nuances de gris pour expliquer sa détention : même dans l’horreur Natascha est parvenue à vivre quelques scènes de normalités. Plus que tout Natascha a compris qu’il était nécessaire de pardonner à cet homme ses actes afin de ne pas sombrer elle même.Natascha ne veut pas entendre parler de syndrome de Stockholm : si son seul référent au genre humain était un monstre durant huit ans, il fallait apprendre à vivre avec le monstre  et être reconnaissante des quelques moments de calme.

 » Rien n’est seulement noir ou blanc. Et personne n’est seulement bon ou mauvais. Cela vaut également pour le ravisseur. Ce sont des phrases que l’on n’aime pas entendre de la part des victimes d’enlèvement, car elles brouillent le schéma précis du bien et du mal que les gens préfèrent adopter pour ne pas se perdre dans un monde qui serait fait de nuances de gris. Lorsque je parle de cela, je peux voir l’irritation et le refus sur les visages de personnes extérieures aux événements. L’empathie envers mon destin fait place au rejet. » p.189

 » A l’époque, je m’agrippais à toute manifestation d’humanité aussi légère fût-elle, parce qu’il me fallait absolument voir le Bien dans un monde auquel je ne pouvais rien changer, et en un homme avec qui je devais composer par la force des choses » p. 205

C’est un livre tout en pudeur. Natascha Kampusch nous raconte sa détention, la violence des coups quotidiens, la peur croissante, la faim, mais jamais elle ne nous met dans le rôle de voyeur. Certains détails ne seront pas divulgués, il ne s’agit pas de faire le procès du ravisseur mais d’expliquer son expérience, de permettre aux gens de comprendre ou du moins de savoir.

3096 jours dans la vie d’une jeune fille qui ne peut que nous impressionner par sa force.

JC Lattès – 305 p.

Tableau d’honneur 2011

C’est l’heure de mon propre règlement de compte. Premier constat : J’AI MOINS LU CETTE ANNÉE QUE LES ANNÉES PRÉCÉDENTES !

Je ne m’en remets pas. Même si je reste dans ma moyenne, je n’ai pas battu mon record personnel. Alors la faute à qui ? A l’achat gargantuesque de vêtement ce qui par conséquent a fait doubler mon temps de repassage ? A la consommation elle aussi gargantuesque de séries ? La vie en générale ? Ou tout simplement à la lecture de Moby Dick ??

Certainement un peu des quatre, et aussi  à la fin des transports en commun qui m’offrait deux heures de lecture par jour…

Les chiffres m’importent peu au final mais à l’ouverture de ce blog j’étais persuadée d’augmenter fièrement mon quota.

Et bien non.

Quoi qu’il en soit je me suis tout de même régalé avec de nombreux livres et j’ai pris également beaucoup de plaisir à relater mes lectures ici ainsi qu’à découvrir de nombreux livres via vos blog.

Alors, dans l’ordre de lecture, quels sont mes coups de cœur de  cette année deux mille onze ?

  • A la croisée des mondes T2, Philip Pullman : Je meurs d’envie de lire le 3 depuis un an et la tradition veut que je le lise en Janvier, la délivrance est proche.

Et pour finir l’année en beauté…